mercredi 24 février 2016

1991 Pologne

Lundi 22 avril 1991

Vers 13h, départ en vacances avec Viviane en Trafic.
A Kehl, passage en ALLEMAGNE réunifiée.

Le mur de Berlin est tombé le 9 novembre 1989.
La nouvelle République fédérale d’Allemagne sera réunifiée le 3 octobre 1990.

Nous traversons l'Allemagne de l'Ouest (ex. R.F.A.) par autoroute (Stuttgart, Nürnberg, Bayreuth).
Dans la soirée, nous en sortons pour nous arrêter dans la nature près de Hof (Bavière). Nous dormons dans la camionnette en lisière de forêt.

Mardi 23 avril 1991

Nous regagnons l’autoroute. Bientôt nous atteignons l’ancienne frontière de la République Démocratique Allemande, avec ses tristes bâtiments abandonnés.
Le revêtement de la chaussée est à l’image de l’ancienne R.D.A. Mauvais état général, vieilles plaques de béton mal jointes qui font souffrir les suspensions…

Nous allons traverser l'Allemagne de l'Est par la Saxe.
La première ville, Plauen, est d’une tristesse incommensurable : vieux bâtiments non entretenus, gris et mornes. Nous faisons une halte pour quelques courses.
L’invasion, tant touristique qu’économique, a bien vite commencé. La vie reste bon marché, malgré le « 1 = 1 » de l’union monétaire. Les vieux billets de la RDA (Ostmark) ont été détruits au profit du Deutsche mark.
Arrêt sur une petite route de campagne pour manger dans la camionnette, à côté de grandes étendues nues de champs collectivisés.


 Sur les routes, de grosses voitures immatriculées en RFA voisinent avec les petites Trabant encore omniprésentes.


Nous passons à Dresden, ville que j’avais visitée en avril 1985. Nous la parcourons sans nous y arrêter.

Nous faisons route jusqu'à Görlitz, à la frontière polonaise. On traverse la Neisse, la rivière qui sert de frontière entre les deux pays. Il est 17h30. Nous arrivons en POLOGNE. Les formalités sont rapides. Nous présentons nos visas, qui ne sont plus nécessaires depuis le début du mois. « Cadeau ! » nous dit le garde-frontière en nous rendant nos passeports.

Ecartelée, partagée entre la Russie, l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie, la Pologne ne recouvre son indépendance que le 11 novembre 1918.
L'invasion allemande du 1er septembre 1939 déclenche la Seconde Guerre mondiale. À la fin du conflit, les Soviétiques conservent la partie orientale du pays, peuplée majoritairement par les Ukrainiens ; et la Pologne absorbe le sud de la Prusse orientale, la Poméranie et la Silésie. Elle devient une république populaire membre du pacte de Varsovie.
En 1980, naît le syndicat indépendant Solidarność, dirigé par Lech Wałęsa. Le général Jaruzelski déclare la loi martiale le 13 décembre 1981.
En 1990, Jaruzelski démissionne de la présidence. Wałęsa lui succéde lors des élections de décembre 1990. La République populaire de Pologne redevient la République de Pologne.
En 1991, les troupes soviétiques achèvent leur retrait du pays.

Nous faisons halte à la ville-frontière de Zgorzelec pour changer de l’argent. La monnaie ici est le złoty. Nous prenons aussi de l’essence dans une station rustique, à un taux d’octane qui va faire claquer les soupapes. L’essence sans plomb est difficile à trouver, et les stations sont rares.
Le temps est maussade. Nous sortons de la ville et recherchons un endroit pour passer la nuit. A une vingtaine de kilomètres de là, nous nous arrêtons en forêt, entre Zgorzelec et Bolesławiec, en Basse-Silésie. Un emplacement sous les arbres, hors de vue depuis la route, nous conviendra parfaitement.

Mercredi 24 avril 1991

A 8h15, nous partons. Nous allons rouler toute la journée vers le nord de la Pologne.
Le paysage polonais consiste presque entièrement en terres constituant la plaine européenne du nord. Le sud est cependant marqué par le massif des Carpates qui forme une frontière naturelle avec la Tchécoslovaquie.
Le réseau routier est plutôt en bon état. Un nombre impressionnant de tracteurs, charrettes, vélos et camions encombrent les routes. C’est le printemps. Nous traversons des villages dont les arbres fruitiers sont en fleurs et égayent le paysage.



Scènes de labour avec une charrue tirée par un cheval.


Scène de la vie quotidienne aussi : une charrette contenant quelques poulets sur la place d’un village et une queue d’une quinzaine de personnes pour les acheter…
Trajet à travers les nombreuses voïvodies (régions administratives) de l’ouest, du centre et du nord. Passage à Poznań, capitale de la Grande Pologne, la plus ancienne région historique de Pologne.
Nous faisons une halte aux abords d’un petit lac pour déjeuner dans la voiture. On boit de l’eau, pas de vin. Il est strictement interdit de boire une quelconque boisson alcoolisée et de conduire ensuite. Etonnant, quand on sait que la vodka reste toujours la boisson nationale...
Nous reprenons la route, sous le soleil. Coup de fatigue : je m’arrête de temps en temps pour ne pas m’endormir.

A 18h, nous faisons halte dans une forêt de pins aux alentours de Gdańsk, en Poméranie, pour y passer la soirée et la nuit.

Jeudi 25 avril 1991

Au matin, quand nous prenons notre petit déjeuner dans le fourgon, nous sommes étonnés par une procession ininterrompue de personnes qui marchent à travers la forêt. Ce ne sont pas des randonneurs, mais des gens qui partent au travail…

Nous rejoignons Gdańsk à 8h30.
Une ville magnifique, de par sa richesse architecturale, son site sur le delta de la Vistule, en bord de mer, son passé lointain et récent, si riche. C’est une ville portuaire qui a une âme et du caractère.
Il fait très froid ce matin, malgré le soleil qui brille. Nous allons visiter la vieille ville dans son ensemble, flânant, nous enfonçant dans les ruelles, sous les portes et à l’intérieur des cours. 


Chaque maison recèle des détails intéressants. La ville principale, fondée en 1343, comprend des édifices historiques magnifiques, la plupart situés le long de la rue Długa - Długi Targ, dite royale. L’hôtel de ville est un joli édifice gothique des XIVe et XVe siècles avec une grande tour de 82 mètres de hauteur. 


L’église Notre-Dame est la plus grande de Pologne. C’est une véritable forteresse, surmontée d’une tour quadran-gulaire de 78 mètres qui domine la ville. A l’intérieur, de magnifiques voûtes gothiques et une énorme horloge astronomique.

Mariacka est une des rues les plus charmantes. Elle a gardé le caractère du vieux Gdańsk. 


Les escaliers devant les maisons menant à des boutiques, avec leurs grilles richement ornées, sont en fait une sorte de publicité médiévale.


Plus la maison était riche de l’extérieur, plus elle témoignait de la réussite commerciale de son propriétaire. Les aigles polonais, les emblèmes de rois gravés sur les grilles étaient des signaux d’amitié et de respect émis par les commerçants, en majorité allemands, envers les Polonais avec qui ils traitaient.
Dans cette rue, nous achetons un médaillon en ambre pour Viviane.
Nous débouchons sur le quai de Mołtawa


Une énorme grue datant du XVe siècle est un exemple presque unique d’installation portuaire du Moyen Age.

Vers midi, nous cherchons un restaurant. Le Guide du Routard nous propose Tawerna. C’est dans une ruelle sombre, décor style « marin » qui donne envie de chanter « dans le port d’Amsterdam… ». Le service est sympa, les plats sont corrects.

L’après-midi, nous nous dirigeons  vers le chantier naval.
En décembre 1970, les ouvriers des chantiers navals descendent dans la rue, manifestent, incendient le Comité du Parti. La première grève commence, réprimée par l’armée. 70 morts. Dix ans plus tard, en août 1980, Gdańsk se rebiffe à nouveau : les ouvriers des chantiers navals déclenchent la grève qui va donner naissance au syndicat « Solidarność ».
Devant l’entrée du chantier, Solidarność a érigé le monument aux morts des ouvriers du chantier naval : un monument énorme, très haut, pour qu’on le voit de loin, pour qu’on se souvienne. 


Sur le mur d’enceinte à l’entrée du chantier, des plaques commémoratives rendent hommage aux autres victimes du communisme qui sont tombées depuis 1970.


Nous quittons Gdańsk à14h. Nous faisons route vers Varsovie.
En cours de route, nous nous arrêtons pour quelques courses. J’attends dans la voiture. Quand elle revient, Viviane me raconte qu’elle a fait trois fois la queue pour chacun des trois produits achetés, avec deux vendeuses à chaque étalage. Pour les tomates juste à côté, prière de refaire la queue !  C’est sûr, comme ça, on peut avoir le plein emploi…

A 18h30, à l’entrée de Varsovie, nous nous enfonçons dans un chemin bourbeux qui rejoint la Vistule. Nous nous installons dans un remarquable coin de nature en zone inondable, au bord du fleuve sauvage.
Unique fleuve entièrement polonais, la Vistule (1 047 km) draine près de la moitié du pays. L'aspect très plat des régions traversées explique que la Vistule est parfois à l'origine d'inondations catastrophiques.

Vendredi 26 avril 1991

Au matin, réveillé par les cris des oiseaux, je me promène en bottes sur la prairie au bord de la Vistule. Quelques plaques de brume s’évacuent lentement, dégageant la vue sur les îles du fleuve. 


Nous prenons le petit déjeuner dans le Trafic, porte arrière ouverte. 


Nous quittons les lieux pour rejoindre la route. Pas de problème au passage boueux (je craignais un peu !).

Nous entrons à WARSZAWA (Varsovie), la capitale, située sur les bords de la Vistule, dans la plaine de Mazovie. Une grande métropole européenne de plus de deux millions d’habitants,  ville martyre de la Seconde Guerre mondiale.
Le 28 septembre 1939, elle capitula sous les obus allemands. Au printemps 1943, le ghetto juif se révolta et fut exterminé. Commandée par le gouvernement polonais en exil à Londres, l’armée nationale décida de libérer la capitale. Le 1er août 1944, ce fut l’insurrection. Alors commença l’un des plus grands drames de la Seconde Guerre mondiale. L’Armée Rouge qui était déjà sur l’autre rive de la Vistule, arrêta sa progression. Varsovie mourait lentement mais inexorablement. Les Allemands entreprirent une destruction systématique de la ville. Quand, finalement, le 17 janvier 1945, l’Armée Rouge libéra ce qui restait de la ville, elle fut accueillie par une quinzaine de survivants. Il fallut tout recommencer, tout reconstruire.
Sur la place du Château, presque déserte, se dresse la colonne Sigismond. Erigée en 1664, elle est le plus vieux monument de Varsovie. 


Près de là, le château royal symbolise pour tous les Polonais l’indépendance de leur pays. Maintes fois modifié ou détruit, il a toujours été reconstruit. A l’intérieur, parmi de nombreuses salles richement décorées, on remarque la salle de la Diète et les très jolis appartements du roi Stanisław Auguste.
Alors que dans d’autres pays européens, le pouvoir absolu du roi se renforçait, la Pologne vivait à l’heure de la république des nobles. Le roi était élu et devenait locataire à vie du château.
La cathédrale Saint-Jean est la plus vieille église de Varsovie. Dans ses cryptes, plusieurs tombes de personnalités connues.
Nous dirigeons nos pas ensuite vers la place de la Vieille Ville. Reconstruite dans sa forme initiale des XVIIe et XVIIIe siècles, elle est entourée de maisons bourgeoises dont certaines présentent des façades décorées de fresques, de sculptures et de bas-reliefs où plusieurs cafés et restaurants célèbres ont pignon sur rue.
Très agréable flânerie sous le soleil et un froid piquant.



Nous allons manger au Senator, à deux pas de la place du marché. C’est un restaurant privé, ce qui est assez rare en Pologne. Décor de très bon goût, plats typiques costauds et nourrissants.
L’après-midi, nous parcourons la Voie royale. C’est la rue qui concentre le plus grand nombre de monuments. Sur la place de la Victoire brille la flamme du Soldat inconnu. Après l’assassinat du père Popiełuszko, en 1984, les habitants ont assemblé ici une énorme croix faite de fleurs et de bougies. Nous tombons par hasard sur le « Monument à la mémoire des victimes de la lutte pour la défense du pouvoir populaire en Pologne ».


Une horreur ! Le monument se trouve devant le palais Lubomirski. Dans les années soixante, on déplaça ce palais de 98° sur son axe pour créer une perspective avec le jardin Saski. En 1984, cette belle perspective, si laborieusement obtenue, a été bouchée par ce monument, le plus récent exemple de l’architecture réaliste socialiste. Soldat, milicien, sidérurgiste, paysan, réunis dans la lutte pour le socialisme réel, ils sont tous là ! 
Des enfants, indifférents à cette splendeur (!) maculée de peinture et de graffitis, font du vélo sur l’esplanade.


A 15h, nous quittons Varsovie pour nous diriger vers le sud.
Nous faisons halte en Silésie à une trentaine de km avant Czestochowa. Nous nous installons dans la nature, près d’un bosquet, aux abords d’une route non revêtue. 
Une petite Fiat et une mobylette nous remarquent au passage. Lorsque nous nous couchons, nous sortons comme d’habitude le jerrican d'essence de réserve (indispensable), ainsi que notre poubelle…

Samedi 27 avril 1991

Au matin, nous prenons comme d’habitude notre petit déjeuner dans la camionnette. Ce n’est qu’en nous apprêtant à repartir que nous constatons le vol du jerrican d’essence, et même de la poubelle ! Les gens qui sont passés hier soir n’y sont probablement pas étrangers, revenus la nuit en toute discrétion ! Mais que vont-ils en faire ? C’est de l’essence sans plomb qui doit être difficile à écouler, vu le parc automobile local.

Les abords des routes sont parsemés de croix de bois ornées de rubans de toutes les couleurs. Témoignage de la foi  profondément enracinée du peuple polonais. 


Au milieu des écroulements et des bouleversements de l’Histoire, être polonais fut avant tout être catholique. Malheureusement, la Pologne commence à montrer des signes inquiétants d’intégrisme.
Arrêt à Czestochowa. Cette ville, plutôt grise et monotone, vit au rythme des pèlerinages et des offices religieux.
Quand nous débarquons sur une large avenue, nous sommes assaillis par des changeurs au noir, reliquat de l’ancienne époque, prêts à « nous rendre service » en changeant nos devises en złotys. Prévenus par le Routard, nous refusons absolument toute transaction. Embrouille assurée !
Nous nous rendons sur les lieux de pèlerinage de la Vierge noire de Czestochowa.
Le culte de la Vierge noire reste toujours très vivace en Pologne. Le pèlerinage du 15 août réunit chaque année plus d’un million de personnes. La Vierge noire n’a pas seulement une importance religieuse, elle est aussi un symbole national.
Devant le monastère, de nombreux « marchands du Temple » proposent des souvenirs religieux, summum de l’art kitsch.
Nous visitons la basilique, édifice gothique, remaniée dans le style baroque, avec un riche intérieur. Dans la chapelle Notre-Dame, se trouve le célèbre tableau de la Vierge noire. L’obscurité masque le visage des pèlerins qui se pressent contre la grille protectrice du tableau. C’est bourré de monde. Religieux, bonnes sœurs, prêtres en soutane et la foule des visiteurs. Impossible d’approcher. On renonce…
On se balade en ville jusqu'à 10h30.

Ensuite nous roulons à travers la Silésie, passant à Wroclaw, pour nous diriger vers les Carpates. En cours de route, à Jelenia Góra, nous avons un problème avec des flics « ripoux ».
A la sortie de la ville, une voiture de police nous rattrape, nous fait signe de stopper. Il paraît que j’ai commis une infraction. Les deux policiers ne parlent que polonais et me font comprendre que je dois payer une amende en liquide et en devise. Un peu trop facile. Je fais comprendre que je n’ai que des złotys et que j’exige un reçu. L’un d’entre eux commence à se sentir mal à l’aise. Mais l’autre persiste, faisant comprendre qu’il va falloir les accompagner au commissariat, etc. L’heure avance et nous comptons passer ce soir en Tchécoslovaquie. Après un quart d’heure de palabres, je me décide à leur glisser un billet de 50 francs, pas très fier de mon peu d’opiniâtreté. Ils disparaissent aussitôt.

Le paysage change. La route grimpe dans les Carpates. Nous traversons de vrais villages de montagne jusqu'à la frontière de Harrachov. A 17h30, nous passons en TCHECOSLOVAQUIE.

Les bouleversements politiques qui secouèrent toute l’Europe de l’Est en 1989 atteignirent la Tchécoslovaquie : manifestations monstres dans tout le pays, création du Forum civique autour de Václav Havel, démission en bloc de la direction du PC, retour de Dubček à Prague. Ce fut la « révolution de velours ». Václav Havel, à peine sorti de prison, est élu président de la République le 30 décembre 1989. Le « rideau de fer » est démantelé. En 1990, le pays prend le nom de République fédérative tchèque et slovaque.

Formalités simplifiées. Le passeport est suffisant.
La  route franchit l’arête nord des Carpates (villages de montagne également) puis redescend vers les plaines de l’Elbe et de la Vltava . On rencontre de temps à autre des voitures arrêtées sur les bas-côtés, essoufflées, le capot ouvert (Skoda ou autres voitures de l’Est). Lors d’un arrêt à une intersection, un jeune nous propose de laver nos vitres. Je lui dis non, mais je lui refile les złotys polonais qui me restent. C’est seulement après que je réalise qu’il ne pourra rien en faire ici parce que le złoty est non convertible en couronnes tchécoslovaques.

Nous faisons halte à 19h30 en bordure d'un immense champ non loin de Mĕlnik. Nous nous installons derrière un monticule de betteraves qui nous protège de la vue depuis la route !

Dimanche 28 avril 1991

Dans la matinée, nous nous arrêtons à Mĕlnik.
Nous y étions passés en août 1980. La grande place était alors écrasée de soleil. Aujourd’hui, nous nous contentons d’un petit tour de reconnaissance et de quelques courses.
Puis nous atteignons PRAHA (Prague).
Nous allons parcourir la ville à pied. Nous nous retrouvons d’abord dans la nouvelle ville Nové Mĕsto, sur la place Venceslas, les Champs-Elysées de Prague. 



Sous la statue équestre de saint Venceslas, symbole de tous les grands rassemblements pour la liberté, un parterre couvert de fleurs et de drapeaux rappelle le sacrifice d’un étudiant, Jan Palach qui s’immola par le feu en 1969 pour protester contre l’occupation soviétique.


Le « Moscou 2000 », un grand restaurant où nous avions mangé il y a onze ans, n’existe plus. Nous arpentons la Na Přikopě, rue piétonne et artère commerçante, le théâtre de rue permanent de Prague.

Dans la vieille ville, Staré Mĕsto, ce sont mille ans d’histoire qui défilent. La place de la Vieille Ville est le coeur de la cité. Sur une façade de l'hôtel de ville, trône la magnifique horloge astronomique du XVe siècle.



Contraste époustouflant avec la ville que nous avions découverte en 1980, sous le régime communiste. Impression de renaissance. La musique éclate. A chaque coin de rue, des groupes de musiciens spontanés donnent des concerts, dans les styles les plus extravagants.
   

La cité aux cent clochers est redevenue vivante, bien loin de la chape de plomb qui pesait sur elle.
Le pont Charles qui enjambe la Vltava est une des merveilles de Prague, trait d’union entre la vieille ville et Malá Strana. C’est un des rares exemples en Europe de continuité urbaine harmonieuse. Nous grimpons dans la tour, un vestige des anciens remparts. 


Militaires en uniforme, badauds et touristes sont noyés dans la foule qui arpente le pont. Les statues datent de l’époque baroque et racontent l’histoire religieuse de la ville.
Dans l’échancrure des deux tours, s’inscrivent clochers, clochetons et dômes précédés d’une cascade de toits. 


Malá Strana est une ville créée au XIIIe siècle, mais remaniée en style baroque aux XVIIe et XVIIIe siècles. Depuis, aucun bouleversement ne l’ayant touchée, on découvre une unité architecturale unique.
Vers midi, nous cherchons un restaurant. Ça, c’est un problème. Il est difficile de trouver à manger à Prague. Tout est plein, et les plus populaires des restaurants exigent une réservation le jour même. Nous finissons par trouver un snack vers 13h.

Nous montons vers le château de Prague dans le quartier de Hradčany. Ce fut longtemps le siège des rois de Bohême et des présidents de la République. Quant à Václav Havel, il refuse d’y séjourner. Nous parcourons en partie le quartier du château et Malá Strana, un lacis de ruelles, d’églises et de monuments.


Nous quittons Prague vers 15h30.
Nous roulons vers Plzeň et la frontière allemande que nous franchissons vers 18h30. Il y a foule. La circulation s’écoule lentement au poste-frontière de Rozvadov qui est en pleins travaux d’agrandissements. On reconnait encore le petit pont frontalier par où nous étions entrés en Tchécoslovaquie il y a onze ans. Mais c’est beaucoup moins impressionnant.
Nous effectuons maintenant le trajet de retour à travers l’Allemagne. Nous atteignons Schiltigheim à 1h30 du matin.


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