mercredi 24 février 2016

2001 Croatie

Jeudi 4 octobre 2001

Nous sommes partis hier d’Argentat (Corrèze) en Trafic, accompagnés de notre chien Oscar. Nous avons passé la nuit dans un camping à St-Germain-Laval (Loire). Aujourd’hui, nous roulons vers Grenoble et passons en ITALIE par le col de Montgenèvre, vers 14h.
Au premier village frontalier, Clavière, nous retirons des lires italiennes à un distributeur de billets.
Nous rejoignons l’autoroute. Trajet dans le Piémont et la Lombardie : Turin – Milan – Bergame. Fort ralentissement à hauteur de Milan entre 17h et 18h.
Sortant de l’autoroute vers Bergame, nous nous mettons en quête d’un camping ouvert. A cette époque, ce n’est pas évident. Nous en trouvons un, à 20h30, la nuit tombée, au bord du lac d’Iseo, un des lacs préalpins de Lombardie. Il n’y a pas beaucoup de place, mais nous sommes tout au bord du lac. 

Vendredi 5 octobre 2001

Nous reprenons notre trajet à 9h30 pour traverser par l’autoroute la Vénétie et le Frioul-Vénétie Julienne : Venise – Trieste.
A 14h, nous passons en Slovénie. Nous traversons les trente kilomètres de l’Istrie du nord, au pied des collines de Brkini. Nous faisons une halte au bord d’un champ pour promener Oscar et manger dans le Trafic.
A 15h45, nous arrivons en CROATIE. Contrôle des papiers. Un garde-frontière s’énerve parce que nous ne comprenons pas les questions qu’il nous pose. On essaie de rendre Oscar aussi discret que possible afin d’éviter d’éventuelles complications, bien que ses papiers soient en règle.

République fédérée de la Yougoslavie depuis 1945, la Croatie, comme la Slovénie, déclare son indépendance le 25 juin 1991. Le gouvernement fédéral yougoslave ne reconnait pas cette déclaration et, au nom de la préservation de l'État fédéral et de la minorité serbe de Croatie, mène une guerre avec l'armée yougoslave et des groupes paramilitaires serbes. La République de Croatie est reconnue internationalement le 15 janvier 1992, privée de souveraineté sur un quart de son territoire par le déploiement des Casques bleus de l’ONU. La situation militaire reste figée pendant plus de trois ans. En 1995, la nouvelle armée croate reconquiert les territoires de la République serbe auto-proclamée  de Krajina. Ces opérations entrainent l'exode de 150 000 Serbes, principalement vers la Bosnie-Herzégovine et la Serbie. Ce n’est qu’en 1998 que la Slavonie orientale est rendue à la souveraineté croate.
A la mort du président nationaliste Franjo Tuđman en décembre 1999, l’opposition remporte les élections, véritable tournant dans l’histoire de la Croatie. Stipe Mesić, le dernier président de l’ex-Yougoslavie, devient président de la République.
La Croatie a conservé ses frontières internes de l’ex-Yougoslavie. Elle est un long croissant étiré autour de la Bosnie-Herzégovine.

Nous atteignons et contournons Rijeka, troisième ville et premier port de Croatie, sur la mer Adriatique, dans le golfe du Kvarner.
La particularité de la côte croate est cette multitude d’îles allongées, parallèles à la côte, formées à la fin de la dernière glaciation lors de l’invasion par la mer de zones montagneuses.
Nous roulons jusqu’à l’île de Krk. 408 km². C’est la plus vaste des îles du golfe. Reliée par un pont au continent depuis 1980, elle est devenue l’une des destinations privilégiées de Croatie.
En cette soirée de début octobre, passées les usines pétrochimiques du nord, les coteaux ensoleillés et les paysages méditerranéens de l’ouest sont particulièrement agréables, le long de petites routes tranquilles.
Nous nous installons à l’entrée d’un camping fermé, à Glavotok, petit village de pêcheurs sur la pointe occidentale de l’île. C’est dans une clairière, en forêt, au bord de la mer. Un autre fourgon est également stationné là pour la nuit, avec tout un équipement pour la plongée.
Durant la nuit, quelques petits bateaux de pêche s’activent encore le long de la côte, à la lueur des torches. 

Samedi 6 octobre 2001

Le matin, nous faisons le tour de l’île en voiture.
Paysages méditerranéens à l’ouest, littoral aride et nu à l’est, plaines fertiles au centre dont les champs sont délimités par de pittoresques murets de pierre sèche.
On fait une halte à Krk, sur la côte sud, protégée de la « bora » soufflant du Velebit. En été, c’est là que viennent s’agglutiner les touristes. Pour l’heure, c’est un port paisible dominé par le clocher à bulbe de sa cathédrale romane. Depuis la place Vela défendue par une tour de garde médiévale trapue, nous déambulons dans les petites rues au maillage étroit entourées par des fortifications.

Nous quittons l’île. Après la rocade de Rijeka, nous empruntons une route ordinaire en direction de Zagreb. Ravissante route qui rappelle des paysages alpins. Poulets, agneaux et porcs entiers dorent sur les broches des restaurants de bord de route. On s’arrête donc en cours de route dans un restaurant pour manger du poulet rôti.
Nous payons en monnaie locale, la kuna. Pour s’exprimer, c’est plus compliqué. La langue officielle est le croate.
Le serbo-croate, langue slave officielle de l’époque communiste n’a pas survécu à l’éclatement de la fédération. Une volonté de redéfinition des langues  et une politique linguistique nationaliste a entraîné une « croatisation » de la langue.
Nous reprenons la route. Après Karlovac, on est doublé par de nombreuses voitures arborant fièrement par les fenêtres ouvertes le drapeau croate à damier. Cette manifestation de nationalisme n’est cette fois due qu’à un match de foot  qui doit avoir lieu à Zagreb. Les supporters imbéciles sont partout les mêmes !
On atteint la rocade qui contourne Zagreb. On cherche un camping qui devrait se situer au bord de l’autoroute mais que nous ne trouverons jamais. Nous allons alors tourner en voiture dans la Medvenica, une petite chaîne de collines au nord de la capitale, parc naturel depuis 1981, constituant le poumon vert de la ville. On cercle largement au-delà du parc, passant à Marija Bistrika, le plus grand centre de pèlerinage de Croatie (une Vierge noire y fut découverte en 1648). La nuit ne va pas tarder. Nous cherchons désespérément un endroit où nous arrêter pour dormir.
Finalement, ce sera sur une colline, près d’une chapelle. Large vue sur les alentours. On ne sait pas trop où l’on est.
L’inconvénient, c’est que nous sommes nous aussi en pleine vue. Or le camping sauvage est strictement interdit en Croatie. Voilà ! Eh bien, il ne se passe rien. La soirée sur la colline sera paisible et agréable. 

Dimanche 7 octobre 2001

Au matin, la promenade sur la colline avec Oscar offre une vue superbe sur le village en contrebas, entouré de vignes, noyé dans la brume qui s’élève alors que le soleil apparaît.



Après le petit déjeuner dans le Trafic, nous prenons la direction de ZAGREB, et nous entrons en ville, essayant tant bien que mal de trouver un emplacement pour nous garer.
Nous allons parcourir à pied Gornjigrad (la ville haute) au nord, avec ses deux quartiers historiques Gradec et Kaptol.
Tout d’abord, Gradec . Ce quartier abrite les plus hautes instances de l’Etat : le palais des Bans, siège de la présidence désormais, et le Sabor, imposant édifice de style classique avec façade à colonnes qui abrite le Parlement. Entre les deux, sur la place se dresse l’église Saint-Marc, au clocher à bulbe et au toit en tuiles émaillées multicolores devenu l’un des emblèmes de la capitale, avec d’un côté les blasons de Zagreb et de l’autre ceux de la Dalmatie et de la Slavonie. L’intérieur de l’église est d’une rustique simplicité.















La rue Radićeva est l’un des axes principaux du quartier, qui donne accès à la porte de Pierre, dernière porte de ville encore existante flanquée d’une tour quadrangulaire de 1266. Dans la rue Opatička, se trouve l’ancien couvent des Clarisses qui abrite le musée de la Ville. La promenade Strossmayer offre une belle vue sur la ville basse.
Nous arrivons sur la place du Ban-Jelačić, dans la ville basse. C’est la place centrale de la capitale, à la jonction des vieux quartiers, où il règne une animation permanente. 


C’est un important nœud de tramways et le point de départ de la rue Ilica, rue principale très commerçante à ses débuts et la plus longue de Zagreb.
Sur l’autre colline de la ville haute, se développe le quartier de Kaptol.
On remonte sur Kaptol par Bakačeva, vers la grande place avec sa cathédrale construite à partir de 1102 en style roman tardif. Avec sa rue Kaptol en forme d’entonnoir qui remonte vers le nord, c’est le vieux Zagreb et le calme provincial de l’ancien quartier épiscopal et du quartier du Chapitre. Par Opatinova, on tombe sur le marché Dolac, le plus grand de Zagreb, le « ventre » de la ville.
Innombrables escaliers, nombreuses petites cours intérieures. Il est dommage qu’avec le chien, ce soient surtout les caniveaux que l’on visite !
Nous mangeons dans un restaurant, puis nous quittons Zagreb.

Nous empruntons vers l’est pendant 12 km l’autoroute en direction de Belgrade. Vers 15h,  aux abords d’une station-service, en bordure de l’autoroute, nous remarquons une pancarte discrète, avec un logo en forme de tente, indiquant un « auto-camp » (terrain de camping). On se renseigne. Oui, on peut s’installer. En fait, il s’agit d’un pré à l’arrière qui peut faire office de camping. On nous ouvre la barrière cadenassée. Et on referme derrière nous ! Pour les sanitaires, c’est à la station. Malgré la proximité de l’autoroute, nous allons passer là une soirée sympathique au soleil. Un petit chien cocker vient nous rendre visite et joue dans l’herbe avec Oscar.















Lundi 8 octobre 2001 

Au matin, nous allons faire ouvrir notre enclos. Nous continuons sur l’autoroute vers l’est pendant une trentaine de kilomètres puis nous bifurquons à hauteur de Potok en direction de Sisak, effleurant le parc naturel de Lonjsko Polje. Nous traversons la Banovina, une région verte et vallonnée entre la Save et la Glina.
Nous parcourons maintenant le centre de la Croatie. Petit à petit  apparaissent les stigmates de la guerre yougoslave. Nous traversons des villages dévastés par la guerre entre 1991 et 1995, correspondant aux anciennes lignes de front entre l’armée croate et les forces serbes, sur le territoire de la république serbe autoproclamée de Krajina.















Le 4 août 1995, lors de la reconquête par l’armée croate de la Slavonie occidentale et de la Krajina, les habitants serbes de ces territoires fuirent en masse dans le sillage des troupes serbes, en direction de la Bosnie et de la Serbie. Inversement, dans cette région sinistrée, seront installés beaucoup de réfugiés croates de Bosnie.
Les villages peinent à se reconstruire. 


Une maison sur deux est encore en ruine, les traces d’impacts des rafales de mitraillette sont bien visibles sur les murs de celles qui sont encore debout.
Nous mangeons dans un restaurant en bord de route, en face d’un hameau détruit par les bombes.


L’après-midi, nous arrivons dans le parc national des lacs de Plitvice
Dans un paysage féerique, les seize lacs de Plitvice, inscrits au Patrimoine mondial de l’humanité, tombent en gradin et sont reliés entre eux par une succession de cascades écumantes. Les lacs supérieurs, nichés dans un écrin de verdure, se sont constitués dans la dolomie. Une centaine de mètres plus bas, les lacs inférieurs se sont formés dans le calcaire, creusant un canyon vertigineux percé de nombreuses grottes.
L’entrée du parc est payante. Nous descendons à pied avec Oscar vers les lacs inférieurs, enserrés dans de profondes gorges. Des passerelles en bois enjambent des ruisseaux, serpentent entre les lacs, gagnent une cascade dans un superbe site et une belle chute qui donne naissance à la rivière Korana.




Le site est superbe. Les sédiments donnent à l’eau un éclat particulier, des tons de bleu et de vert, des nuances de turquoise d’une luminosité sans égal, tandis qu’ils pétrifient tout ce qui est immergé (plantes, arbres morts).
Il y a quand même beaucoup de monde dans cette première partie du parcours. Il faudrait une journée pour une visite complète. Nous ne poursuivons pas vers les lacs supérieurs et rebroussons chemin. Nous faisons halte à une cafétéria sur pilotis où de grosses tables de bois semblent nous attendre. Mais comme personne ne s’occupe de nous, on s’en va.

A 16h30, nous nous installons dans un auto-camp, que nous avions repéré tout à l’heure à l’entrée du parc. C’est le camping Korana, immense, en pleine nature et très vallonné. A cette époque de l’année, il est déserté. Mais l’entrée est libre. 

Mardi 9 octobre 2001

Le ciel est couvert, ce matin.
Au départ, comme prévu, on ne trouve personne pour nous faire payer la nuitée, lorsque nous franchissons les portes.
Nous circulons en voiture sur les deux routes ouvertes à la circulation dans le parc national. Nous faisons route ensuite vers l’Adriatique.
Les Alpes Dinariques sont un massif montagneux des Balkans occidentales situées à l'extrémité orientale de l'arc alpin. S'étendant à partir des Alpes juliennes, au nord-est de l'Italie et à l'ouest de la Slovénie, elles longent en direction du sud-est la côte de l'Adriatique.
On arrive à une passe, à Ljubovo (980 m), puis on descend dans le bassin de la Lika.
Nous traversons en largeur le massif du Velebit. C’est la plus longue chaîne des Alpes dinariques qui s'étend le long de la mer Adriatique sur 145 km. Il sépare le littoral de l’arrière-pays. Arête de montagnes sauvages au relief karstique, culminant à 1700 mètres, c’est une réserve de biosphère.
La « bora », un vent froid qui naît dans le bassin de la Lika, s’engouffre à travers les cols du Velebit vers le littoral. Il rafraîchit l’air, chasse les nuages et le brouillard. Au col d’Oštarije (928 m), un arrêt pour dégourdir les pattes à Oscar… Superbe panorama sur l’île de Pag et la mer. C’est ainsi que nous arrivons à Karlobag, sur la côte adriatique, au pied de la montagne.
Nous sommes en Dalmatie. Ici, plus aucune trace de la guerre. La Riviera croate, oubliée pendant les années de conflit, est redevenue une destination touristique. Les rivages de la Dalmatie - et de ses centaines d'îles - rappellent la Côte d'Azur au début du XXe siècle.
Rencontre d’un climat de montagne et d’un climat méditerranéen.
Nous mangeons en terrasse d’un petit restaurant dans une ruelle et passons l’après-midi dans la bourgade jusqu’à 16h. On achète des timbres pour Serge et Caroline. On s’assoit au soleil sur un banc pour écrire des cartes postales.

Et maintenant ? Suivre vers le sud la « Magistrale », la route côtière qui traverse la Croatie du nord au sud, ou remonter vers le nord ? Le temps qui nous est imparti et notre confiance limitée envers les capacités du Trafic - on se souvient de notre voyage en Italie en 1998 ! -  nous poussent à choisir la deuxième solution.
La route ondule entre l’Adriatique et les versants rocailleux du Velebit. Tout au long du parcours, les traces des incendies qui ont ravagé la côte dalmate cet été sont encore bien visibles.
Nous faisons une balade à Senj dans ses ruelles fatiguées et ses placettes. Nous retournons ensuite dans un auto-camp que nous avions aperçu un peu plus tôt, en bord de mer, à Žrnovica. Il n’est pas facile à cette époque de trouver un terrain de camping ouvert. Nous sommes installés juste au bord de l’eau, le long d’un mur, avec un sanitaire et une douche sommaire. Dans le reste du camping, personne, à part une caravane isolée où loge un homme seul.
Le soleil décline et se couche derrière l’île de Prviç. L’eau est lisse comme du satin. Oscar s’y plonge avec délice.


Mercredi 10 octobre 2001

Un bateau de pêche se détache en arrière-plan sur la mer Adriatique. Petite tache qui rompt la luminosité argentée de la surface, Oscar prend son premier bain de la journée. Puis il se repose, placide et royal, sur la grève.





Après avoir pris notre petit déjeuner dans le Trafic, nous nous mettons en route et remontons la Magistrale jusqu’à Rijeka puis la péninsule de l’Istrie.
Aujourd’hui, l’Istrie est partagée entre l’Italie, la Slovénie et surtout la Croatie. Lors de l’indépendance en 1992, les frontières internes de l’ex-Yougoslavie ont été conservées. Vrai mille-feuille de l’Histoire, l’Istrie est restée imprégnée par le multiculturalisme et peu perméable au déferlement du nationalisme croate. L’Istrie croate conserve une minorité italophone qui se bat pour que sa langue et sa culture soient reconnues.
Nous roulons jusqu’à Pazin. C’est au centre de l’Istrie. La ville est perchée sur une falaise et entourée de collines verdoyantes.


Nous faisons une balade dans les rues et nous allons visiter le château. Bâti au IX e siècle, complété du XIIIe au XVIe, il domine les gorges du Fojba, un impressionnant gouffre karstique. Importance stratégique du lieu, au carrefour des routes d’Istrie. Le château abrite un musée ethnographique régional, riche en bijoux, costumes et meubles, que je visite. Viviane, peu intéressée par les musées, m’attend dans la cour intérieure du château avec Oscar (la bonne excuse !).
On cherche maintenant à manger en ville. Assez difficile à trouver. Pazin n’est pas une ville touristique. Finalement, on va manger dans l’arrière-salle d’un restaurant populaire.

L’après-midi, nous traversons la péninsule jusqu’au sud à travers collines et paysages verdoyants. Nous roulons jusqu’à Pula, la plus grande ville de l’Istrie, riche en vestiges, mais que nous ne visitons pas. Nous  remontons par la région de Vodnjan, à dominance rurale où l’on cultive oliviers, vignes et tabac. Nous arrivons à Rovinj, sur la côte ouest.
Joyau de l’Istrie, la ville fortifiée est un des sites les plus visités de Croatie. Les ruelles pittoresques et les portails richement décorés rappellent le passé mouvementé de la ville. 
Son histoire est celle de toutes les villes d’Istrie qui subirent les dominations successives. Colonisée par les Slaves au VIIe siècle, la menace de la piraterie la força très vite à se tourner vers l’envahissante protection de Venise. Ce fut l’une des premières villes de la péninsule à reconnaître l’autorité vénitienne.
Rovinj s’est développée autour du centre historique, l’ancienne île rocheuse. Nous visitons la vieille ville. L’église Sainte-Euphémie domine la ville et offre une vue spectaculaire sur l’Adriatique. Son clocher est la réplique presque parfaite du campanile de Venise. A son sommet, se dresse une Sainte Euphémie mobile qui sert également de girouette !
Les ruelles de la vieille ville sont magiques, avec « moult maisons et palais baroques ». Avec des façades en mille-feuille cumulant les époques, les ruelles étroites en escalier fourmillent de petites galeries de peinture. Noms de rues et inscriptions en croate et en italien. On a tout aussi bien l’impression d’être en Italie.


Nous terminons notre visite par un arrêt sur le port. Nous y buvons une « pivo » qui peut tout autant être une « birra ».


A 18h30, nous nous rendons dans un auto-camp, au nord de la ville. C’est un grand complexe ombragé, avec accès à la mer. Heureusement, au mois d’octobre, il n’y a pas foule. Mais nous n’avons tout de même pas le loisir de nous installer où nous voulons. L’emplacement nous est défini à l’avance. Sympa, quand même, sous les arbres.

Jeudi 11 octobre 2001

A 10h20, nous quittons Rovinj pour nous diriger vers le nord.
Nous atteignons la frontière à 11h30. Nous entrons en SLOVENIE.
En Istrie, la Slovénie dispose d'un débouché sur la mer comprenant Koper (« Capodistria » en italien) et Piran.
Nous sommes à Koper vers midi.
Nous changeons un minimum d’argent en tolars, la monnaie slovène. On se promène en ville, dans les quartiers historiques vénitiens. Sur une avenue du bord de mer, nous reconnaissons le café-restaurant où j’avais oublié mon appareil-photo, il y a huit ans, en 1993.
Nous mangeons en  terrasse d’une pizzeria.
Nous dirigeant vers l’Italie, nous achetons quelques bouteilles de vin slovène  et du miel à un producteur local, en bord de route.
Vers 15h, nous passons en ITALIE. Nous rejoignons l’autoroute à Trieste.
Trajet jusqu’à Iseo, en Lombardie. Nous nous rendons pour 19h dans un camping situé juste à côté de celui où nous avions passé la nuit, la semaine dernière, au bord du lac. 

Vendredi 12 octobre 2001

Au matin, lorsque je vais régler la nuit, le gérant m’échange des francs dont il ne sait que faire. Dans moins de trois mois, le 1er janvier 2002, l’Italie, comme la France, va passer à la monnaie unique européenne, l’euro.
Nous traversons l’Italie du nord (Lombardie – Piémont) dans le sens inverse de notre trajet aller. Nous quittons l’autoroute entre Milan et Turin et entrons dans le Val d’Aoste.
C’est une vallée alpine qui marque la frontière avec la France et la Suisse.
Depuis 1948, la région bénéficie d’un régime d’autonomie avec deux langues officielles, l'italien et le français. Les Valdôtains ne sont ni français ni véritablement italiens. Leur patrie de cœur : la France.
Ancienne colonie romaine, le Val d’Aoste a fait partie du royaume de Bourgogne, puis des États de Savoie avant son intégration à l'Italie, en 1860. Devenant italien, il a perdu peu à peu sa particularité francophone. Sous la période fasciste de Benito Mussolini, il a subi une italianisation à outrance. Malgré un régime de large autonomie, la langue française a continué à reculer après guerre, principalement sous l'action des médias italophones.
On traverse des villages au nom français. Nous faisons halte dans un restaurant de la vallée. Effectivement, nous sommes tout naturellement accueillis en français.

Après la ville d’Aoste, la route commence à grimper dans un paysage de forêts, de sommets, de torrents et de pâturages. Nous avions l’intention de passer par le col du Grand-St-Bernard (col des Alpes pennines situé à 2469 mètres d'altitude). Mais il est fermé pour cause de travaux. Nous devons donc emprunter le tunnel du Grand-St-Bernard (portail d’entrée situé à 1875 m d’altitude).
C’est un ensemble d’ouvrages, mis en service en 1964, s'étendant sur une distance de plus de  20 kilomètres. A chaque extrémité du tunnel a été construite une gare routière capable d'assurer tous les services nécessaires : perception du péage (fort cher), contrôles douaniers et policiers... C’est donc sous ce tunnel que nous passons en Suisse. A la sortie du tunnel, on s’arrête devant un enclos où un gros chien Saint-Bernard impressionne Oscar, et nous aussi...
Descente dans le val d’Entremont (canton du Valais).
Nous traversons le Rhône à Martigny, atteignons le lac Léman, passons en France et arrivons vers 18h30 en Haute-Savoie chez Jean-Lionel et Patricia.


*****


Ici se termine la deuxième série de voyages entrepris de 1989 à 2001.

Une troisième série commence : Carnets de voyages 2002 - 2011, sous l'adresse http://carnetsdevoyages3.blogspot.fr


1 commentaire:

  1. Des photos 2 et 11 (/25) de Croatie, ne pourrait-il émerger les étranges protagonistes d'une mystérieuse énigme policière se poursuivant en Scandinavie et se dénouant entre forêt et phare au coeur des sables chauffant de Nouvelle Zélande ?

    RépondreSupprimer